Partager l'article ! Papillons et dominos: ♫ « Hier encore j'avais vingt ans Je caressais le temps et jouais de la vie Comme on joue de l'amour et je vivai ...
♫ « Hier encore j'avais vingt ans
Je caressais le temps et jouais de la vie
Comme on joue de l'amour et je vivais la nuit
Sans compter sur mes jours qui fuyaient dans le temps… »♫
Sacré Charles… Voici venu le temps où je peux saisir tout le poids de ses questions, le pourquoi de son spleen, alors que ma
bohème s’éloigne à grands pas…
Je suis désormais plus près de mes 30 ans que de mes 25…
Et qu’ai-je fais des 10 années qui me séparent de mon arrivée sur Lyon ?
Entre des études chaotiques en dilettante, des fréquentations en constante évolution, le monde de la nuit pour le travail ou la détente, une vie sentimentale riche et épanouie, le temps a glissé
entre mes doigts comme le contenu d’un sablier…
Il m’a fallu des années pour trouver ma voie. Manque d’orientation ? Procrastination forcenée? Je n’ai choisi la communication qu’après 6 années à Lyon ; 6 années à hésiter entre les lettres
modernes, le rugby professionnel, les langues étrangères, le dessin…
Avec parfois de cruelles désillusions….
Pendant que certains de mes amis suivaient la voie qui menait à l’objectif qu’ils s’étaient fixés, je me gargarisais d’une absence de but concret qui me laissait entrevoir milles
perspectives…
J’avais le loisir de musarder, de butiner ça et là des projets, des univers différents mais je n’osais jamais me lancer à corps perdu dans une voie, effrayé de ma propre versatilité et méfiant de
mes envies constantes de changement qui nuisent à toute entreprise au long cours…
Néanmoins, ma labile existence me rendait heureux et j’étais dans une position où mes choix avaient une influence considérable sur mon avenir et celui de mon entourage…. Choix eux-mêmes
influencés par mes rencontres, mes lieux de vies, mes petits jobs, mes études et surtout par leurs nombreuses interactions.
Quand je repense à cette période et à ma situation actuelle, je ne peux m’empêcher de songer à ces petites décisions si anodines à l’époque, qui pourtant ont conditionné ma vie actuelle. J’y
accordais si peu d’importance ! Désormais, il est vrai que je réfléchis, parfois trop, aux conséquences de mes choix… à bientôt 28 ans, tout est tellement plus décisif…
Et vous ?
Il doit bien vous arriver de songer à ces choix de vie a priori anodin qui vous ont mené à ce que vous êtes…. Non ?
-Quelle serait ma vie si vous j’avais choisi une autre voie ?
-Ne serai-je pas plus riche ou comblé en ayant pris un autre chemin ?
-Quels seraient mon travail, mon compagnon, mes amis, mes lieux de sortie, mes perspectives d’avenir ?
J’imagine déjà quelques uns de mes lecteur m’opposer l’argument irréfragable du tout puissant destin… Vous savez ce que j’en pense…
Sus à l’ineptie fataliste !
C’est grâce à cette imbrication de cause et d’effets que ma propre existence m’expose que je suis certain de notre libre arbitre.
C’est avec plaisir que j’ai regardé des films comme « retour vers le futur » ou « l’effet papillon », qui montrent assez bien la responsabilité qui nous incombe (et nous décombe
) dans l’orientation de notre futur, même si le sujet est traité avec plus ou moins de sérieux.
Parenthèse : « l’effet papillon », utilisée dans les médias, dans l’art, est en réalité une prise de liberté par rapport au sens original de l’expression, qui implique bien la causalité, mais
d’une manière scientifique et mathématique. (voir « sensibilité aux conditions initiales » et «
théorie du chaos »)
Pour le sujet qui me préoccupe, l’utilisation de l’expression « effet domino » est tout aussi congruente d’ailleurs. Je ne vous ferai pas l’injure de vous définir l’expression,
puisque l’image est parlante et que google est votre ami.
Certains de nos choix a priori anodins, ont donc conditionné des rencontres cruciales, des opportunités rares.
Et il est vrai qu’un seul regard à mes fréquentations suffit à m’en convaincre. Un patchwork d’horizons complètement différents que les choix, les aléas, les rencontres ont unis.
Finalement, je suis plutôt heureux de ce que j’ai, de ma vie, de mes amis… et de toute façon :
-Dans la mesure où je ne possède pas de DeLorean, je ne devrais pas me tourmenter avec ces voies que j’aurais pu tracer, sur ces choix que je n’ai pas fais.
-Je me poserais ces questions quels qu’aient été mes choix et ma situation à l’heure actuelle.
-J’aurais pu ne pas connaître certains de mes amis, certaines aventures, certains beaux moments.
Il est évidemment intéressant de se projeter, même si cela peut laisser un goût doux-amer. Ces réflexions à priori fantaisistes doivent nous amener à des conclusions.
La multiplicité de choix et donc de futurs que j’ai eu à ma disposition est le fruit d’une vie riche, socialement épanouie. A ceux qui ont pointé du doigt ces années d’études en dilettante, je
peux arguer qu’elles ont permis une vie sociale, professionnelle riche qui a fait de moi ce que je suis à l’heure actuelle.
Du lycée à l’approche de la trentaine, nous avons le loisir d’expérimenter, de faire des erreurs, d’affiner nos gouts…
A l’instar de Perdican, le célèbre personnage de Musset, nous pourrons ainsi nous targuer d’une expérience de la vie qui
nous offre la possibilité de dire : « C’est moi qui ai vécu, pas un être factice crée par mon orgueil et mon ennui »
On est toujours tenté de se poser des questions sur un avenir qui aurait pu être le notre.
Mais l’important n’est pas forcément de faire tel ou tel choix, mais plutôt de les assumer et de vivre pleinement, afin d’avoir une existence riche et peu de regrets.
Mat
Bonus track :
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